Quand poser des questions d’approfondissement

Astuces pour le coach kata – Épisode 2 – Tilo Schwarz

Ceci est le deuxième d’une série d’articles dans lesquels je partage des conseils pratiques pour un meilleur coaching.

Il est basé sur mon « Manuel pour le kata coach » qui met en scène Denise, qui occupe son premier poste de direction en tant que chef de département dans une petite équipe d’assemblage chez PowerPump Inc. et a l’intention de développer son équipe par le biais d’un coaching. Chaque semaine, je partagerai un nouvel épisode.

Dans cet article, vous découvrirez une structure que les coachs débutants peuvent utiliser pour déterminer quand poser des questions d’approfondissement et quand passer à l’étape suivante.

Aujourd’hui, Denise coache à nouveau ses deux chefs d’équipe, Marc et Joe, sur leurs objectifs d’amélioration stratégiques. Denise a l’intention de mettre en pratique sa nouvelle astuce, la « règle du pouce ». Pour ce faire, elle utilisera sa carte avec les 5 questions du kata de coaching de démarrage et mettra toujours son pouce sur la dernière question qu’elle a posée (voir l’épisode 1).

Elle constate immédiatement une différence dans ses cycles de coaching. Chaque fois que la conversation n’est pas structurée et que Marc et Joe, ses deux chefs d’équipe, commencent à s’écarter du sujet, elle peut revenir à la carte contenant les questions et sait exactement sur quoi la conversion doit porter. Après avoir terminé sa tournée quotidienne dans l’atelier, Denise retourne à son bureau, satisfaite.

Assise à son bureau, Denise réfléchit aux deux cycles de coaching qu’elle a réalisés ce matin et jette un nouveau coup d’œil à sa carte contenant les questions du kata de coaching. Elle se rend compte qu’elle a utilisé toutes les questions de la carte, mais aussi quelques questions d’approfondissement supplémentaires. Il semble à Denise que les cinq questions du kata de coaching sont comme des charnières du cycle de coaching et que chacune ouvre la phase suivante de la conversation. Denise pense qu’elle pourrait peut-être naviguer en tant que coach en utilisant ces étapes. Et les cinq questions du kata de coaching pourraient également être considérées comme des points de contrôle qualité, poursuit-elle. Le coach commencerait une phase en posant la question « charnière » de la carte de coaching et évaluerait ensuite la réponse. Si la réponse est précise, le coach passe à la phase suivante en posant la question « charnière » suivante. Si la réponse est imprécise, le coach aide l’améliorateur à clarifier sa réponse en lui posant des questions d’approfondissement. Elle appelle sa nouvelle astuce « attendre au rouge – passer au vert » pour se rappeler facilement de l’approche.

En y réfléchissant, Denise se rend compte que dans son cycle de coaching avec Marc, elle est revenue à la phase 3 (obstacles) alors qu’elle avait déjà posé la question 4 (étape suivante). Denise se dit en souriant qu’elle a sauté « par-dessus son pouce ». Cela signifie probablement que la question de la phase 3 n’avait pas reçu de réponse suffisamment précise. Les questions d’approfondissement qu’elle a posées pour se concentrer sur un obstacle et en trouver la cause profonde n’avaient probablement pas été assez bonnes. Cela a logiquement conduit à une étape suivante imprécise, ce qu’elle a remarqué et qui l’a obligé à revenir en arrière, conclut Denise.

Pour avoir une référence, elle pourrait peut-être penser comme ceci : « Un bon cycle de coaching n’a pas de retour en arrière ». Elle se rend compte que c’est un véritable défi. Denise sort son carnet qu’elle appelle « Mon manuel de management » et note les conseils suivants :

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Une autre question qui préoccupe Denise lorsqu’elle réfléchit à ses cycles de coaching ce matin concerne David, le directeur de production dont elle dépend. Il les a accompagnés aujourd’hui pour observer les cycles de coaching en tant que deuxième coach. Il y a plusieurs semaines, Denise l’avait invité à le faire parce qu’elle pensait qu’un feedback lui serait utile. Denise a également informé David du concept de kata de coaching qu’elle utilise comme structure de base pour ses cycles de coaching.

Jusqu’à présent, David ne s’est pas montré intéressé, mais Denise espère qu’il commencera à l’essayer une fois qu’il en verra le bénéfice. David a accepté de rejoindre Denise lors de sa tournée dans l’atelier une ou deux fois par semaine et a toujours un retour d’information à lui communiquer. Malheureusement, ses commentaires sont souvent très généraux et ne sont donc pas utiles à Denise. Cela s’est encore produit ce matin lors de son cycle de coaching avec Joe, qui a duré un peu longtemps. David lui a ensuite dit « Votre cycle de coaching a duré près de 25 minutes. La prochaine fois, vous devriez essayer de concentrer la conversation et d’être plus rapide ».

Denise l’a également remarqué. Mais le feedback de David ne lui donne aucun conseil sur la façon de s’améliorer. Denise s’interroge : Comment puis-je faire en sorte que le feedback de David me soit plus utile ? Elle y réfléchit un moment et décide de poursuivre cette réflexion plus tard.

Le lendemain, Denise essaie sa nouvelle astuce « S’arrêter au rouge, passer au vert » et se rend compte à quel point cela est difficile. Bien qu’elle pose des questions d’approfondissement entre les questions charnières, elle doit revenir plusieurs fois en arrière. Denise se dit : C’est vraiment un défi pour améliorer mes compétences en matière de coaching. Comment puis-je me rendre compte qu’une question charnière a reçu une réponse précise et que nous pouvons passer à la phase suivante ? David pourrait peut-être l’aider sur ce point. Cela rendrait également son feedback plus utile pour elle.

Pensant à tout cela, Denise décide de rejoindre David pour le déjeuner. Elle lui fait part de ses nouvelles découvertes. Denise lui demande alors d’observer ses cycles de coaching le lendemain et de mesurer, non seulement la durée de l’ensemble de la conversation, mais aussi celle de chacune des cinq phases. Ce faisant, David pourrait mesurer le temps dont elle a besoin pour chaque phase et il pourrait se rendre compte de tout retour en arrière. Cela pourrait les aider à trouver des indications sur la phase où elle a le plus de difficultés et pourquoi, conclut Denise. David et Denise conviennent de se rencontrer le lendemain matin.

La semaine prochaine : lisez ce que Denise et David découvrent grâce à leur approche actuelle.

☞    Si vous ne disposez pas de la carte aux 5 questions du starter kata pour le coaching, vous pouvez la télécharger ici.

☞    Il pourrait être plus simple d’utiliser uniquement le recto de la carte pour cet exercice.

Traduction : Éloïse Marchand – Christophe Mazenot